Dépasser le regard de l’autre

chapitre 7 bis
Des femmes magiques et merveilleuses

Costa Rica : Chapitre VII

Dernier réveil dans notre villa bleue. Aujourd’hui, c’est le départ pour une nouvelle aventure ; deux jours chez une chamane, dans la forêt.

Je me réveille tôt et me dirige vers la plage. J’ai besoin d’ancrer ces derniers moments, seule à seule avec l’océan.

Je savoure chaque pas, complètement dédiée à l’instant présent, j’observe chaque détail autour de moi, tout en avançant sur le petit chemin, entre les arbres, qui mène à la plage. Je remercie cette semaine merveilleuse, la chance que j’ai d’être ici, d’avoir rencontré ces femmes merveilleuses. Je me remercie d’avoir encore une fois écouté mon intuition et d’avoir suivi mon cœur.

Je prends quelques instants, pour écrire dans mon journal, la gratitude que j’ai et mes trois pages routinières. C’est ça la vie que je veux avoir, où du moins une partie. Pouvoir me lever le matin, prendre le temps qu’il me faut, écrire, respirer, sourire à la vie, puis me lancer dans les vagues, sentir l’eau tourbillonner autour de moi, écouter chacune de mes cellules vibrer de joie. Puis rejoindre la maison pour savourer un délicieux açaï bowl.

Je reste un long moment dans les vagues et suis finalement rejointe par Margaux, qui me propose de marcher un peu le long de la plage. Nous sommes accompagnées par un chien adorable, qui coure autour de nous. Une magnifique discussion, un moment de partage tout en douceur. Ça fait du bien.

Je repars ensuite vers la villa, pour faire mon sac, car nous partons dans quelques heures à peine.

Ce matin, Paula n’est plus là, nous lui avons fait nos adieux hier soir, en lui offrant la petite robe, que Margaux avait repérée quelques jours plus tôt. Elle était extrêmement touchée, comme nous toutes d’ailleurs. Sa présence, sa chaleur et sa douceur nous manque déjà.

Du coup, on déguste les açaï bowls et autres spécialités du petit café attenant à notre maison. Dernier repas avant le jeûne que nous allons entreprendre pendant deux jours. Une condition pour les deux cérémonies auxquelles nous allons participer. Moi, le petit « estomac sur pattes », le redoute un peu, mais je me dis que ce sera une bonne expérience.

Puis viens le temps de faire nos adieux à cet endroit paradisiaque, qui a gagné une place de choix dans mon cœur à tout jamais.

Nous allons voyager toute la journée, entre mini-bus, ferry et taxi. La bonne humeur règne, on discute, le soleil brille, on profite du moment présent, tout en se réjouissant de la soirée qui s’annonce particulière. Pour chacune d’entre nous, ce sera notre première cérémonie avec une chamane. Entre appréhension, excitation et impatience, on se laissera guider le moment venu.

Sur le ferry, je me lance dans ce qui sera mon dernier stretch « officiel » du voyage : m’asseoir dans un lieu public, avec un panneau réalisé par mes soins, sur lequel il est écrit : « I am here to listen, come and sit with me ».

Le concept ? Encourager les gens à venir me parler, raconter ce qu’ils veulent et être simplement là pour écouter, sans parler, sans juger.

Le but ? Dépasser la peur du regard de l’autre, la peur du jugement, la peur d’être différente, de sortir du lot, d’être montrée du doigt.

La leçon ? Comprendre que ce n’est pas l’expérience qui est importante, mais la façon dont on la perçoit et l’énergie que nous renvoyons. En d’autres termes, si je ne crois pas à l’exercice, que ça me fait peur, que je suis crispée, personne ne viendra. Et ma peur se réalisera.

Alors que si je prends cet exercice sous un autre angle, que je m’amuse, que je ne me prends pas au sérieux, que je suis à l’aise avec ce que je suis en train de faire, l’énergie que je dégage à ce moment-là sera totalement différente et les gens seront attirés.

Je savais déjà ça, je savais que ce qui était important était l’énergie que je renvoyais et pourtant, à l’avant du ferry, la moitié des yeux braqués sur moi, malgré la présence rassurante de Maureen, qui n’était pas loin, j’étais comme paralysée. « Une poupée », comme me l’a doucement fait remarquer Margaux, en me rejoignant un moment. Je souriais, j’essayais de dépasser ma peur, mais la seule chose que je voulais réellement, c’était disparaître. Je m’étais murée derrière ma carapace. Une femme adorable est venue me demander pourquoi je faisais ça, cela l’intriguait et brisant la règle de « non parole », je lui ai répondu. Mais c’est tout.

Je suis, malgré tout, fière de m’être lancée, d’avoir osé me mesurer comme ça à l’une de mes plus grandes peurs, celle d’être jugée et d’avoir tenu bon. Malgré ce que je savais sur l’exercice et la façon de l’aborder, je me suis rendue compte que j’avais encore beaucoup de barrières, de limites et de peurs en moi, sur lesquelles je peux désormais travailler. En prendre conscience est toujours le premier pas.

J’ai rejoint ensuite les filles pour danser sur la musique entraînante, diffusée par les haut-parleurs, sur le pont du bateau.

Après encore un trajet en taxi, nous sommes arrivées dans la communauté au milieu de la forêt, chez Sophie, la chamane, avec qui nous allons passer les deux derniers jours de notre périple. Nous sommes accueillies par sa douceur et la chaleur bienveillante émanant d’elle. Sa maison est magnifique, en forme d’œil, ouverte à moitié sur la nature environnante. Les énergies entourant cet endroit nous rassurent et nous mettent tout de suite à l’aise.

Nous déposons nos sacs et Sophie nous propose de descendre à la rivière, qui passe un peu plus bas. Un court d’eau magnifique, qui forme des piscines naturelles, d’une eau fraîche et purificatrice.

Ça fait un bien fou, après cette journée passée dans les transports sous la chaleur du soleil, qui brille toujours de milles feux.

Elle nous propose de ramasser quelques pierres et de créer des petites sculptures d’équilibre. Naturellement, on se met en cercle, autour de la partie presque émergée de la piscine naturelle, pour réaliser, avec patience et concentration, ce qu’elle venait de nous demander.

Lorsque l’on eu terminé, elle nous fait part de la sensation qu’elle a eu en nous observant. Le fait qu’on soit soudée comme cela, s’entraidant et formant un cercle, qui en dit long sur les liens que nous avons créés entre nous toutes. C’est beau et touchant.

Nous remontons ensuite tranquillement vers la maison, afin de nous reposer un peu, avant une soirée, qui me changera la vie à tout jamais.

 

Marine

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